"En ces temps difficiles, il convient d'accorder notre mépris avec parcimonie, tant nombreux sont les nécessiteux." Chateaubriand

vendredi 23 avril 2010

Retraites : courage, fuyons !

Michel Rocard disait il y a plus d'une vingtaine d'années que le dossier des retraites était assez explosif pour faire tomber de nombreux gouvernements avant que soit trouvée la solution.
Formule intéressante pour quelqu'un qui a dirigé un gouvernement et s'est bien gardé de s'attaquer au problème. Courage, fuyons !
En fait force est de constater que jusqu'à présent seuls des gouvernement de droite se sont véritablement attaqués au problème avec Balladur et Raffarin ( avec Fillon au manche des négociations), puis Fillon. Ah si quand même la gauche aussi en ramenant, malgré des projections démographiques déjà désastreuses l'âge légal de la retraite de 65 à 60 ans. Merci Tonton. Mais c'est vrai qu'il n'aurait pas à supporter les conséquences de ses actes. Donc allons-y !
Donc des premières réformes ont été faites qui n'ont d'ailleurs fait sauter aucun des trois gouvernements qui les ont initiées, mais qui restent insuffisantes puisqu'aujourd'hui on remet ça sur la tapis. On est en France et il faudra remettre encore sur le tapis pas mal de fois avant d'arriver à quelque chose de correct. Pas de réforme brute s'il vous plait, même si tout le monde convient qu'on devra modifier le système en profondeur.

L'objet de ce billet n'est pas évidemment de traiter du problèmes des retraites sur le fond et de proposer la solution miracle. La solution miracle serait d'ailleurs celle qui consisterait à ne rien changer, à laisser l'âge de la retraite inchangé et pourquoi pas le baisser, à ne plus augmenter la durée des cotisations, ni leur volume (de la part des salariés, cela va de soi), à garantir éternellement le niveau des retraites et même l'améliorer, à ne pas toucher aux régimes particuliers et privilégiés parce qu'ils le valent bien, tout ça en pérennisant le système actuel de retraite par répartition. A peu de chose près, c'est le point de vue syndical ça.
Sauf que dans la vraie vie, un système par répartition, aussi souhaitable soit-il, ça ne fonctionne que s'il y a assez, et plutôt beaucoup plus, d'actifs par rapport aux retraités, ou si les actifs, s'ils ne sont pas assez nombreux, acceptent de faire un effort très important au nom de la solidarité inter-générationnelle. Et il semble que les réalités de la vraie vie, fort peu les acceptent. Natalité encore insuffisante, vieillissement de la population sont pourtant des données tangibles.

Alors aujourd'hui, où en est-on ?
En fait on ne sait pas trop. La seule chose qu'on peut supposer et à condition que les chiffres exposés soient vrais et les projections objectives, c'est qu'on va à la catastrophe.
Que propose t-on ? 
On ne sait pas trop. Le gouvernement reste prudent, évoque des pistes. Les syndicats ne proposent rien mais disent ce qu'ils refuseront, c'est à dire à peu près tout. La gauche de gouvernement, le PS, se cache derrière sa volumineuse secrétaire qui ne pouvant avouer qu'au sein de son parti personne n'est d'accord sur des propositions communes, fait mine de se réserver en attendant celles du gouvernement, qui, le misérable, serait capable de lui pomper deux ou trois idées si elle dévoilait son plan qui sans nul doute sauvera les retraites françaises. D'ailleurs si vous voulez connaitre ce plan vous avez toujours la possibilité de voter PS en 2012.
Si le sujet n'était pas si grave, on pourrait en rire. Parce que ça relève un peu de la cour de récréation, ça. Copie pas sur moi ou je vais le dire à la maitresse.

Enfin si j'oubliais. Pour résoudre l'équation impossible, une solution existe pour gauche et syndicats (et peut-être même une partie de la droite). Toujours la même. Celle qui fait toujours plaisir à ce peuple qui n'aime ni les  riches, ni les patrons. Faisons payer les deux qui doivent se confondre, hein ?
Ben oui, allons-y. Augmentons encore le coût du travail et incitons aux délocalisations. 
Pour info, ce grahique comparatif qui vous présente les charges sociales payées en France et qui vous montrent qu'il y a encore une marge de manœuvre certaine pour taxer ces salauds.
                                                               Cliquez pour agrandir

17 commentaires:

  1. La solution qui sera trouvée par Sarkozy sera dans le classique libéral : payons grâce à l'endettement.

    Tableau contre tableau, le mien me semble éloquent.

    La droite endette la France

    RépondreSupprimer
  2. Un article que le Nouvel Obs m’avait à l’époque censuré sur plainte de Piketty :
    Les retraites vues par Thomas Piketty

    RépondreSupprimer
  3. C'est vrai que votre tableau est éloquent. Si vous allez sur
    http://expat-spb.blogspot.com/2010/03/dette-publique-et-euro.html
    un autre graphique vous montrera l'évolution continue de cette dette avec une légère chute, très légère, du poids de la dette sous Jospin et qui correspondait aussi à une période économique très faste. Parce que il faut aussi prendre en compte l'environnement pour expliquer ces variations sans pour autant les excuser.
    Mon tableau sous cette note tendait juste à montrer que vouloir augmenter les cotisations sociales en France serait particulièrement dangereux en termes de compétitivité et de délocalisations. C'est bien Mitterrand qui disait "l'impôt tue l'impôt", n'est-ce pas ?

    RépondreSupprimer
  4. Je ne sais pas si c'était Mittrand, mais cela a une part de réalité. Et c'est Giscard qui disait qu'on passait dans un monde socialiste si les prélèvements dépassaient 40%.

    RépondreSupprimer
  5. Petit retour sur endettement et croissance, vous expliquez que Jospin a bénéficié d’une bonne croissance, ce qui lui a permis de stabiliser l’endettement. Sans Doute.

    Mais la question est aussi : la gauche est-elle au pouvoir parce que la croissance est meilleure ou la croissance est-elle meilleure parce que la gauche est au pouvoir ?

    Moi je dirai que c’est la seconde proposition qui est la bonne.

    RépondreSupprimer
  6. Ah, Jean-Michel. On voit tout de suite votre parti pris idéologique.
    Moi je dirai que c'est ni l'une ni l'autre parce que l'économique échappe maintenant complétement aux politiques de droite ou de gauche. Il n'y a pas de conjoncture économique française, la conjoncture est mondiale.
    Les leviers des gouvernements sont réduits. Ils peuvent influer un peu sur l'emploi et l'investissement par les niches fiscales par exemple. Mais structurellement, ils peuvent bien peu de choses.
    Pour vous montrer que votre réponse est partisane, je pourrais la réfuter en disant que sous de Gaulle et Pompidou (la vraie droite), la machine économique tournait plein pot. Et que finalement depuis, quand la droite est au pouvoir, elle ne fait pas une politique économique de droite, ce qui explique ses résultats.

    RépondreSupprimer
  7. Cher Expat,

    Je ne conteste pas être de parti pris idéologique, mais je ne pense pas être borné. Exact que la politique économique nationale n’a d’influence qu’à la marge dans une économie mondialement libérale (Jospin en le reconnaissant s’était fait mitrailler par les siens). Mais la marge c’est déjà un petit quelque chose, comme pour les 35 heures sur lesquelles Sarko a raconté beaucoup de bêtises.

    Sous la IVème puis sous de Gaulle et Pompidou, il y avait la reconstruction et aussi l’arrivée des rapatriés (qui contrairement à ce qu’on croyait à l’époque a créé un regain de croissance), et puis aussi l’absence de robots dans les usines. Mais c’est il y a longtemps quand le pétrole n’était pas cher et que la Chine n’était pas encore réveillée. Et puis il y avait "le plan" qui n’était pas dans une idéologie de droite.

    La vraie économie libérale, c’est celle des Friedman boys au Chili qui n’ont pas laissé un bon souvenir, ou à un degré moindre Thatcher qui a laissé l’économie anglaise dans un piteux état (les chemins de fer notamment). Et d’une façon générale les remèdes FMI qui sont quand même assez décriés.

    Alors peut-être que si la droite au pouvoir ne fait pas une politique économique de droite, c’est parce que les français n’en veulent pas.

    RépondreSupprimer
  8. Cher Jean-Michel,
    bien évidemment que j'ai poussé volontairement en comparant les politiques économiques des débuts de la 5ème et de maintenant.

    Je ne suis pas d'accord avec vous sur le bilan de Thatcher. Quand elle est arrivée l'économie anglaise était en ruines, et elle l'a relevée mais le prix social a été très fort. Ses successeurs, même travaillistes, surtout Blair, ne l'ont pas franchement remis en cause.

    Pour prendre un autre exemple, les Allemands encore sous un gouvernement social-démocrate, ont décidé de mener une politique que la droite française n'oserait même pas mener en rêves. Politique poursuivie par Angela Merkel et qui met une forte pression sur les travailleurs (pas de hausse de salaires depuis 10 ans, retraite à 67 ans), mais qui permet à l'économie allemande de dominer largement l'économie européenne. Les Allemands et ils l'ont prouvé avec la crise grecque sont les maitres de l'Euro. Les politiques de droite ont donc des effets positifs sur l'économie, mais cela a un prix social à court ou moyen terme. Le peuple allemand l'accepte, parce qu'il s'attend à des retombées futures et qu'il a aussi le sens de l'intérêt général.
    Le peuple français, arcbouté sur ce qu'on appelle à tort pour moi acquis sociaux parce que ceux-ci seront nécessairement révisés, ne voit que le court terme, sa gamelle du lendemain et n'est pas capable d'accepter ça. D'où des politiques économiques et sociales particulières en France et qui plombent son coût du travail. Le tableau que j'ai mis en fin de billet est éloquent à ce point de vue.

    En France on est donc toujours et depuis longtemps, que ce soit sous les socialistes ou sous la droite en limite de rupture et on ne sait pas ou ne veut pas s'éloigner de cette limite. De fait, même en me creusant le citron, mais c'est vrai que comme dit l'autre que je poubellise régulièrement je ne suis qu'un abruti facho, je ne vois pas de différences fondamentales entre les politiques économiques de gauche et de droite en France. Par exemple Jospin a beaucoup plus dénationalisé que n'aurait osé le faire la droite. Quant aux 35 heures, elles ont peut-être surtout profité aux patronat qui a pu se permettre de geler les salaires en exigeant des augmentations de productivité de la part de ses employés. C'est une mesure qui a bien profité aux fonctionnaires et aux cadres, mais pas aux salariés de base du privé. Et ça n'a même pas créé beaucoup d'emplois.
    Alors, même si pour des raisons électoralistes la gauche annonce qu'elle va frapper les riches, elle ne le fera modérément, plutôt symboliquement. Mais ce sera peut-être encore trop. Parce que, à mon avis, la priorité est de faire baisser le coût du travail pour exporter, car nous ne le faisons plus (même sur le nucléaire, on se fait niquer par les Coréens maintenant), pour s'assurer un avenir, sinon dans moins de 10 ans la crise grecque paraitra une vaste rigolade par rapport à celle que nous connaitrons. Maintenant il faut trouver les politiques qui auront le courage de le faire parce qu'il faudra réduire la voilure sociale. Et ils ne pourront pas être de gauche, la gauche française n'ayant rien à voir avec les gauches anglo-saxonne (US et GB) ou allemande.

    RépondreSupprimer
  9. "Maintenant il faut trouver les politiques qui auront le courage de le faire parce qu'il faudra réduire la voilure sociale. Et ils ne pourront pas être de gauche, la gauche française n'ayant rien à voir avec les gauches anglo-saxonne (US et GB) ou allemande.

    24 avril 2010 20:02"

    Effectivement pour résoudre la crise et assurer un avenir à tous il ne faut plus désormais compter sur la "gôche" française telle qu'elle se revendique aujourd'hui.

    Maintenant si pour être de "Gauche" il faut ressembler à celles des pays cités dans l'extrait, bonjour les dégâts car on voit où ça a mené les citoyens de ces pays d'avoir une opposition si merdique !

    Je comprends la crainte des fachos de voir revenir sous une forme ou une autre une extrême gauche solide.

    Z'inquiétez pas, ça viendra et pour cela pas la peine de grand leader, le peuple opprimé va prendre tôt ou tard ses affaires en main et là...

    RépondreSupprimer
  10. Expat,

    Sur Thatcher, il y avait sans doute des choses à faire, mais même mis à part le coût social, l’industrie anglaises ne s’en est pas remise (dites moi les usines automobiles qui existent encore). Je donnais comme exemple le rail car dans ce secteur c’est caractéristique et visible : les entreprises privées n’ont pas investi préférant le profit à court terme et maintenant c’est la catastrophe car les transports c’est quand même quelque chose d’important et le laisser totalement aux mains du libéralisme n’est pas une bonne chose à mon avis très idéologique.

    Le coût des nationalisations. Pour l’Etat qui n’a qu’une comptabilité d’épicier sans bilan, une nationalisation c’est une dépense et une dénationalisation c’est une recette. En corrigeant de ce facteur, l’augmentation de la dette sous la droite (et sous Jospin c’est exact) aurai été encore plus accentuées : la droite a vendu les bijoux de famille pour payer ses danseuses.

    Encore sur les nationalisations, à part le Crédit Lyonnais avec Haberer qui n’était ni de droite, ni de gauche, mais Inspecteur des Finances et ancien directeur du Trésor, et le GAN dirigé idem dans le mur par un autre Inspecteur des Finances, l’opération mittrandienne a été profitable à la fois aux contribuables qui ont vendus plus cher qu’il ne l’avait acheté (nouveaux investissements compris) et aux Vernes et Rothschild qui ont été grassement indemnisés pour des banques qui allaient très mal et qui dans le milieu été considérées comme ne valant plus rien.

    Les 35 heures, savoir si c’est bon ou pas bon pour la croissance, les économistes trancheront peut-être un jour. En tout cas ce qui est sûr, c’est que la droite disait que ça coûtait cher à l’Etat alors que les mesures budgétaires (allègements Aubry) étaient temporaires. Par contre la droite a pérennisé les 35 heures en les rendant très très très coûteuses pour l’Etat, et à titre actuellement définitif (présenté comme des allègements sociaux et fiscaux quand on travaille plus).

    Enfin votre tableau, j’ai toujours considéré que ce type de tableau semblait très significatif, mais significatif de rien. Les études sérieuses sur le coût du travail comparé s’appuient sur le salaire super-brut (coût total du travail salaire + toutes les charges y compris privées) et non sur la répartition de ce coût entre le salaire net et les charges.

    2 explications pour illustrer.

    Vous prenez Chrysler, pas de retraite étatique au USA, c’est une affaire libérale qui se traite de façon libérale. Donc c’est un régime "maison". Mais quand l’entreprise perd des emplois, le rapport actifs-retraités n’est pas regardé au niveau national mais au niveau de l’entreprise, ce qui entraîne sa faillite et des employés qui perdent leurs droits à la retraite.

    Les cotisations pour assurance frais de santé. En France système étatique, les cotisations sont comptabilisées en charges étatiques. Aux USA, les cotisations aux entreprises privées d’assurance ne sont pas comptabilisées en charges étatiques. Et pourtant à prestations identiques, elles sont bien plus élevées aux USA qu’en France.

    RépondreSupprimer
  11. Salut Jean-Michel,
    merci pour cette longue réponse argumentée.
    Je pourrais même être d'accord avec vous sur pas mal de points.

    Ne croyez pas que je sois un apôtre du libéralisme à tout crin, de Thatcher ou de son pote Reagan, mais dont on ne peut nier les résultats dans certains domaines.
    D'ailleurs ce type de libéralisme, pour des raisons culturelles (dues notamment à cette imprégnation féodale qui ne nous a jamais quitté), n'est pas viable en France.

    Donc effectivement, je suis pour, sinon une intervention, un encadrement de l'Etat. Mais celui-ci, en fonction de la conjoncture, et parfois de la découverte des réalités, doit être capable de s'adapter. C'est ce qu'à fait Mitterrand, après une tentative vaine de 3 années à vouloir pratiquer une politique vraiment de gauche.

    Car au risque de me répéter, quand on parle en France de politique économique de gauche et de droite, je ne vois pas trop ce que ça veut dire, c'est-à-dire que le gouvernement Jospin ne m'a pas paru révolutionnaire dans son action par rapport à ceux de Balladur ou Juppé (peut-être pour ça qu'il n' pas été élu d'ailleurs). De même que 2002 n'a pas marqué un nouveau virage.
    Il y a certes des différences mais pas de nature à modifier de manière considérable la société. Les différences sont à la marge et peuvent néanmoins avoir des incidences. Notamment en termes de gestion de crise. Par exemple quand la droite table sur l'investissement de façon classique, la gauche mise sur la relance de la consommation, ce qui constitue à mes yeux une aide indirecte aux économies chinoise et allemande. Mais globalement les effets, même s'ils sont importants surtout en matière d'endettement, ne changent ni l'homme, ni la société.

    RépondreSupprimer
  12. bonjour
    retarder l'âge du départ en retraite permet de maintenir un volume cotisant mais personne n'évoque à quel taux dit plein se fait ce départ
    entre 70 et 75% actuellement
    Là il faut m'expliquer comment le retraité avec 30% e moins de salaire procède
    - avec parfois dans le privé le capital participatif dont l'entreprise a dévoyé les intérêts peut être? à voir
    - avec ces fameux régimes complémentaires dont on ne localise pas trés bien le rapport financier durant l'activite
    Par ailleurs il faudra supprimer la fonction publique , car en cas de départ tardif (celà a commencé) vont fleurir les états dépressifs, les incapacités musculo tendineuses imputables au poste avec à la clé ce fameux CLD jusqu'à 5 ans payé plein pot
    Belle jonction pour se la couler douce en attendant le jour H
    D'autre part, le maintien en santé par prévention efficace est aléatoire et la pénibilité de certains postes est agravée
    La France s'est endormie sous le front populaire et se croit en vacances depuis, sur droits acquis sans cesse revus à la hausse
    elle aura du mal à supporter la contrainte
    Il me semble que Parisot aurait bien voulu capitaliser et annuler les charges patronales
    Depuis, la crise, avant ça les fonds de pensions amère loque avaient torpillé Michelin
    je pense que la seule solution est de ne plus prononcer le mot de retraite, mais les voyagistes vont faire la tronche!
    Et pour revenir au risque maladif, une institution de taille à refondre en compétence et pouvoir de décision: la Médecine du travail qui s'est fournie en satellites d'experts vieillissants et incompétents, voire méchants souvent incohérents, parfois s'ils sont brillants ils sont contournables

    RépondreSupprimer
  13. Je prends note de vos intéressantes remarques Cimabue.
    Un des problèmes est qu'il faut sortir de cette logique des acquis sociaux et placer les gens devant leurs responsabilités. Mais pour ça il faudrait d'abord les éclairer en faisant de la pédagogie et en leur expliquant les conséquences de diverses hypothèses. Mais il faut arrêter ces conneries de dire "les Français sont majoritairement attachés à la retraite à 60 ans" selon le nième sondage fait par dugenou sondage and co. Je suis sûr que si on leur demandait s'ils étaient pour la retraite plein pot à 50 ans, ils seraient encore majoritairement pour.
    Par ailleurs, cette tendance à vouloir traiter le problème sous l'angle de l'égalité, entendez par là mettons tout le monde à la même enseigne, ne me satisfait pas non plus. Les régimes spéciaux ont dans doute eu leur justification à une période donnée en fonction peut-être de la pénibilité ou de la volonté de rendre certains métiers plus attractifs. Si les conditions ont changé, il faut certes revoir ces régimes, un à un, en supprimer certains, les modifier, voire en créer de nouveaux. Mais cette logique de droits acquis comme celle de l'égalitarisme plombent le débat.
    Alors, on fait quoi ? On laisse pourrir, on augmente les durées de cotisation sans changer l'âge de la retraite, ce qui ne veut rien dire, on repousse l'âge de la retraite en sachant qu'une majorité des sexagénaires seront chômeurs.
    Pour ma part, je pense que peut-être la seule solution est le choix individuel et encadré. Je m'explique : il faudrait que chacun puisse décider de quitter le vie active à partir d'un certain nombre d'années de cotisations, quand il veut mais en sachant à l'avance le montant de sa retraite. En fait, c'est un choix de vie après confrontation de ses besoins avec les possibilités offertes par une retraite à l'âge choisi.
    Enfin, voilà. je ne sais pas si c'est jouable, si on peut généraliser ce système alliant contraintes de durée de minimale de cotisation et liberté de choix une fois ces obligations remplies, en pleine connaissance de ses ressources futures ( à confronter à ses besoins).

    RépondreSupprimer
  14. Pédagogie oblige, ça tiendrait la route si les plans de carrière étaient linéaires, ou au moins évaluables sur la période active et si dés le début l'optique retraite était évoqué
    Un trentenaire n'aborde pas ça au sortir de l'université!
    Il y a un truc qui me turlupine aussi est cette accés à la propriété qui dissout les prévisions de finances en interêts, en usure des bâtiments, en charges de maintenance et fonctionnement pour ce mythe de la location jetée mensuellement alors que devenir propriétaire est le top du bénef
    Valeur de rachat du bien au soir de sa vie quand on ne peut plus assumer le standing du bien, ou que la maladie oblige ou que ce bien s'est dévalué férocement pour une raison environnementale
    Un expert comptable serait utile pour démontrer que cet accés revient cher et que mieux vaudrait une solide assurance vie
    Prévoir est pouvoir, hors j'ai souvent constaté que la dépendance surprenait any body, et qu'avant l'inexorable, la période de retraite avait vidé les caisses
    un autre bon moyen de paumer des dividendes de placement est cette fulgurance à acheter un machin neuf et infâme pour baisser ses impôts

    RépondreSupprimer
  15. Être propriétaire n'est pas forcément une bonne opération. Les charges augmentent très sensiblement. En co-propriété votre syndic peut vous mettre rapidement dans la difficulté et si vous n'occupez pas le logement et le louez vous êtes à la merci d'un locataire indélicat. Les mésaventures arrivées à un des mes amis qui avait mis son bien en location suite à une mutation et qui n'a pas touché de loyers pendant 3 ans, le locataire étant devenu un cas social, ce qui ne l'a pas empêché, en plus de ne pas payer de dégrader complètement l'appartement, m'a fortement incité à vendre mon appartement quand j'ai dû le quitter pour mutation, et d'opter définitivement pour la location. Par ailleurs, la valeur de votre bien est soumise à tant d'aléas que vous ne prenez pas plus de risques en plaçant sa valeur en actions dont vous pouvez vous séparer immédiatement ce qui n'est pas le cas d'un appartement que vous serez peut-être obligé de brader si vous avez un besoin urgent de liquidités.
    J'ai lu assez récemment une étude là-dessus qui concluait qu'il valait mieux être locataire.

    RépondreSupprimer