"En ces temps difficiles, il convient d'accorder notre mépris avec parcimonie, tant nombreux sont les nécessiteux." Chateaubriand

lundi 21 mai 2012

Quel week-end !


Ce week-end qui vient de s'achever aura sans doute permis de me convaincre définitivement que désormais les symboles et l'accessoire tiendraient lieu d'information. Ceci sans doute pour une période très durable qui l'est d'autant plus que les moyens pour nous informer sont devenus tellement multiples et redondants qu'ils en ont perdu le sens initial de leur mission au profit d'un travail de marketing destiné à se positionner pour le mieux dans un marché concurrentiel leur imposant, non plus d'éclairer leurs lecteurs, auditeurs ou spectateurs, mais de répondre à leurs attentes qui au demeurant sont bien faibles puisqu'elles se limitent à une demande se spectacle. La pipolisation de l'information est désormais un fait social et ce que nous rapportent les médias n'a plus rien à envier aux contenus de la star'ac ou autres niaiseries qui permettent aux chaines de télévision de faire leur beurre.

Il y a peu de temps, dans un billet ou un commentaire, je ne me souviens plus, je disais qu'un sourire, une poignée de main appuyée constitueraient la marque d'un succès diplomatique. Cette prophétie n'avait rien d'auto-réalisatrice, reste qu'elle s'est avérée exacte. C'est du moins ce que je conclus après ce premier week-end diplomatique de notre président et de sa compagne qui, bien que là en tant qu'accompagnatrice, touriste en quelque sorte, aura retenu quasiment autant l'attention des médias que les prestations de notre jeune président.
Quelles prestations au fait? Quelques sourires complices échangés avec Obama, l'homme avec qui il faut se montrer copain encore pour quelques mois, ou une cravate en trop mais vite ôtée sur l'injonction du big boss, un souci de décontraction affiché en compagnie des grands de ce monde, quelques blagues ou évocations de hamburgers désormais proscrits d'une alimentation qui se veut saine. Le tout saupoudré, de "first girlfriend", évoquant à la fois Katherine Hepburn et Lauren Bacall, visitant la Maison-Blanche, déjeunant à la Maison-Blanche, visitant une école américaine, visitant le lycée français de Chicago, etc..

Non, j'exagère. Mon aversion pour le personnage qui désormais préside à nos destinées me fait oublier l'essentiel. Et l'essentiel, c'est quoi? La croissance et notre retrait programmé en avance de phase de l'Afghanistan.
Mais quitte encore une fois à paraitre mauvaise langue, qui a été capable de nous décrire la portée exacte de ces deux choses? Et ce que d'aucuns qualifient déjà comme les débuts prometteurs d'un nouveau président sur la scène international, mérite-t-il vraiment tant d'éloges.

S'agissant de la croissance, on a voulu nous convaincre que notre président avait réussi à se mettre Obama dans la poche. Et si on inversait le propos. Obama est à quelques mois d'une échéance électorale qui se présente assez mal pour lui et quelques résultats économiques dans ce court laps de temps qui le sépare de l'élection ne seraient pas pour lui déplaire. Il faut dire que lui-même a eu beaucoup de mal, et malgré un creusement de la dette américaine qui le ferait pour passer pour un conducteur d'un énorme Caterpillar, tandis que Sarkozy aurait les apparences d'un cantonnier muni d'une simple pelle, n'a pas eu de résultats vraiment probants. Si donc l'Europe pouvait venir à son aide, il ne s'en plaindrait pas. Je me permets de vous livrer, j'espère qu'il me pardonnera, un extrait de ce que m'a adressé très récemment mon ami O., américain francophone et francophile, bon connaisseur de l'Europe où il a vécu : "Obama est un bandit de Chicago, un menteur prêt a tout, et tout il le fait. Vous avez bien compris et formulé que la seule chose qu'il attende de votre président c'est que celui-ci injecte de grosse quantités de liquidités qui aura pour effet de donner une bouffée momentanée sur la consommation qui se répercutera immédiatement sur nos chiffres, c'est la seule chose qu'il attend, il sait que son plan de relance a été un fiasco total. La position de Merkel est rigide et douloureuse, mais c'est la bonne." Mais ce n'est qu'un avis, n'est-ce pas? Que je partage néanmoins.
Donc on a parlé de croissance au G8. N'en aurait-on pas parlé sans l'élection de François Hollande? J'en doute. Mais une fois achevée la litanie des incantations que reste-il? Qui est contre le croissance à part Cécile Duflot et Eva Joly? Aurait-on à faire dans notre monde développé d'un côté à des brutes se frottant les mains dans la perspective de la récession et des millions de chômeurs qui l'accompagneront, et de l'autre de gentils sociaux-démocrates souhaitant de la croissance pour que tout les travailleurs puissent être heureux? Ce serait bien trop simple. Pourtant à en lire ou écouter certains, on en est déjà à ce niveau de simplicité. Je ne m'adresse donc pas à ceux-là que je renvoie à leurs illusions ou à leurs shows télévisés. Prochaine épisode : les toilettes d'Air Sarko One qu'on ne s'est pas encore résolu à mettre en vente sur e-bay, étaient bouchées au retour de Chicago, ce qui a beaucoup contrarié Valérie.
Bien évidemment que personne ne refuse la croissance à part les deux précitées. Mais le problème est quand on n'est pas d'accord sur les moyens de l'obtenir. Il y a de grosses nuances entre ceux qui pensent pouvoir l'obtenir tout en réduisant les déficits publics et les autres qui sont prêts à relancer cette dépense, en passant par ceux qui se situent bizarrement entre les deux, qui par exemple jurent qu'ils vont réduire le déficit public mais en même temps stoppent la diminution du nombre de fonctionnaires, pensent même en embaucher de nouveau, veulent augmenter diverses allocations, sans doute pour relancer l'économie des pays émergeants, reviennent partiellement sur la réforme des retraites (j'oubliais qu'il y a encore des riches à taxer).
Je voudrais ajouter que les Européens eux-mêmes n'ont pas, avant l'élection de Hollande, mis une croix sur la croissance ou même oublié d'y réfléchir. La commission de Bruxelles, en particulier, a mené un certain nombre d'études débouchant sur des propositions intéressantes qui seront discutées prochainement et qui curieusement ont été reprises par Hollande. Il tentera sans doute de faire croire qu'il est à l'initiative de ces mesures imaginées avant son élection alors que dans les faits il ne pourra guère faire mieux que les soutenir. Je devrais faire un billet sur ce sujet particulier, ce qui pourrait permettre de remettre les pendules à l'heure.
Enfin tout ça pour dire que tout ça c'est du vent. Qu'on en est resté juste au niveau des objectifs finaux sur lesquels tout le monde pouvait s'accorder mais sans que rien n'ait été réglé. Mais c'est bien là le propre des G machin, et notamment du G8 dont la niaiserie des photos de groupe laisse à penser que rien ne peut en sortir de concret.

Le second sujet, bien plus sensible, et même douloureux pour certains est ce désengagement de la France de l'Afghanistan.
Sur l'aspect douloureux, je commencerai sur cette déclaration des talibans, bizarrement très peu relayée, et que les anglophones pourront lire ici dans son intégralité. La France et son président y sont nommément cités et disons-le, remerciés pour leur sagesse. Au moins avec Hollande, on n'aura pas manqué de se faire très vite de nouveaux amis. Entre humanistes, on devrait bien s'entendre. Il y a quelques morts qui doivent se retourner dans leurs tombes. Et les drapeaux de la Bastille vont pouvoir reprendre l'air.
Depuis le débat de l'entre-deux tours, quand le candidat socialiste déclara qu'il ne se sentait pas engagé par l'accord PS-verts, on avait compris que pour certains le mot alliance avait fort peu de sens. Alors que certains et certaines, de façon responsables déclarent "on a commencé ensemble, on finira ensemble", ou quelque chose du même genre, d'autres disent "moi je pars quand je veux, je ne me sens pas engagé par notre alliance, ni par la parole donnée par la France". Chacun a la morale qu'il peut. Reste que quand c'est la parole de la France qui est bafouée, certains peuvent s'en montrer touchés au fond d'eux-mêmes, mais pas tous, j'en conviens, et ceux-là même ne manqueront pas d'applaudir la force de caractère de quelqu'un qui aura préféré tenir une promesse électorale sans doute imaginée sur un coin de table de Solférino un soir de grande fatigue, en tout cas inconsidérée, plutôt que de respecter son rôle d'allié, plutôt que d'honorer la parole de son pays.
Promesse inconsidérée effectivement. Et qui va se traduire par de l'affichage, du symbole encore une fois, quelque chose qui, finalement ne devrait pas trop gêner la coalition, sauf si l'idée essaime, mais qui permet d'ores et déjà aux talibans de crier victoire.
J'avais déjà souligné l'impossibilité d'un désengagement total d'ici la fin de l'année, ne serait-ce que pour des raisons bassement logistiques. C'est confirmé. Donc on fera partir les unités combattantes et on laissera ce qu'il faut (?) pour garder et entretenir le matériel, c'est-à-dire 900 véhicules dont 500 blindés, quelques hélicoptères et 1200 containers, sauf erreur. Tout ça rejoindra la France plus tard… peut-être. Car actuellement c'est soit trop dangereux, si on passe par le Pakistan, soit trop cher, si on passe par l'Ouzbekistan et la Russie ou si on loue des gros porteurs toujours absents de notre arsenal militaire. Pour être clair, on est complètement dans le bleu et les états-majors devront plancher pour savoir combien d'hommes laisser sur place et dans quelle configuration. Ça doit être déjà fait car généralement dans l'armée on anticipe ce genre de conneries quand elles sont annoncées avant les élections, de manière à sauver ce qui peut l'être et surtout à préserver la sécurité des hommes. Eh oui, car derrière chaque promesse inconsidérée il y a quand même des conséquences auxquelles les spécialistes tentent de pallier. Ce qui veut dire qu'il restera quand même des unités combattantes sur place pour protéger les maintenanciers et le matériel.
Et bien évidemment, il faudra aussi penser simultanément à trouver des gens pour nous remplacer sur le terrain. La Kapisa devait passer sous contrôle afghan en 2013. C'est à ce moment-là qu'ils s'estimaient prêt à prendre les rênes. Ben il va donc falloir soit qu'ils anticipent, soit que nos alliés nous remplacent. Après tout on n'est pas à une honte près.
Enfin, désormais, on sait que la France est un allié bien moins fiable désormais au sein de l'OTAN qu'elle ne l'était quand elle (s')était exclue du commandement intégré. Mais pour faire accepter ça, on est près à payer, notamment une partie du fameux bouclier anti-missiles.

Et dire qu'il y en a qui ont trouvé ce week-end super.

Pendant ce temps en France. Touraine cède aux syndicats et élargit le champ d'application du retour à la retraite à 60 ans en incluant dans les trimestres comptant les congés maternité; d'autres concessions sont attendues. Taubira renvoie tous les mineurs délinquants devant les juridictions définies par l'ordonnance de 1945. 23 nouveaux conseillers à l'Elysée dont 18 hommes : conseiller c'est quand même plus sérieux que ministre, donc là la parité ne joue pas. Valérie va disposer d'un cabinet de 4 à 6 personnes dont le chef sera un ami proche, ancien journaliste chez lequel le couple présidentiel a passé quelques jours de vacances en 2011.
Le changement c'est maintenant!

 

 

1 commentaire:

  1. on apprend qu'à Camp David on vide avant la séance, deux bombes anti moustiques sur la pelouse...et ça se termine par les discours devant le tas de bois qui doit être inchangé depuis toujours ou en plastique!
    ambiance Images du Monde en médias qui ne suivent plus rien

    un énarque repenti donnait un schéma de cette institution: on peut se laver les dents dans un verre à pied mais on ne peut se laver les pieds dans un verre à dent , un Enarque est cap d'en conclure l'avenir du monde

    bref une armada qui aura coûté bonbon, au moins , je n'avais plus d'idée sur BO, là je commence à flipper sévère

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