"En ces temps difficiles, il convient d'accorder notre mépris avec parcimonie, tant nombreux sont les nécessiteux." Chateaubriand

mercredi 16 mai 2012

Le moineau foudroyé


Ce billet n'aura qu'un rapport très éloigné avec le titre puisqu'il traitera très superficiellement d'ailleurs de la journée d'hier qui marqua le départ de l'Elysée du président Sarkozy. Ce sera d'ailleurs plutôt un billet d'impressions après une journée qui d'après ce que j'ai pu en voir fut particulièrement maussade. Pour en revenir au titre, et puisqu'il en faut un, j'ai donc choisi un des petits événements qui ont émaillé cette journée. Mais j'aurais pu choisir "La capote ne fermait plus" ou "les chaussettes trempées" ou encore "Bonne journée pour les pressings" ou "l'épreuve de l'eau".

Finalement "l'épreuve de l'eau" ça n'aurait pas été trop mal à comparer à un autre titre, martial celui là, qui aurait pu être "l'épreuve du feu" alors que notre nouveau président entamait son mandat en allant porter le fer à Berlin.
Dans d'autres civilisations, mais néanmoins égales à la nôtre, un tel début placé sous d'aussi mauvaises augures auraient au moins mobilisé tous les sorciers ou marabouts locaux pour conjurer le mauvais sort, ou auraient même amené, peut-être, au sacrifice du nouveau président. Car dès que son prédécesseur eut tourné le dos au palais présidentiel, les éléments naturels commencèrent à se déchainer crescendo. Tout d'abord une pluie fine lors de la remontée des Champs-Elysées, puis une bonne averse achevant de tremper le costume du nouveau chef de l'Etat alors qu'il s'inclinait devant le soldat inconnu, puis deux averses de grêle alors qu'il rendait hommage à Jules Ferry et à Marie Curie, le tout s'achevant en apothéose avec un avion présidentiel foudroyé dans les airs, l'obligeant cette fois, non plus à enfiler un nouveau costume, on se demande d'ailleurs s'il lui en restait en réserve après cette journée, mais à changer d'aéronef. Moi je dis quand même qu'il faut avoir envie pour supporter tout ça et surtout ne pas être superstitieux, en tout cas pas suffisamment pour dépêcher les plus fins limiers de la DCRI à la recherche de la poupée de chiffon dans laquelle l'ancien président n'a cessé de planter des aiguilles ou sur laquelle il versait des arrosoirs, faute d'occupations plus pressantes.

La journée ne fut pas banale. Et même s'il échappe à une pneumonie, notre nouveau chef en gardera sans doute un souvenir, sinon agréable, au moins humide.
Je ne dirai pas que tout ça était mérité, mais quand même. Après avoir fait preuve d'une telle inélégance vis-à-vis de son prédécesseur lors d'une cérémonie où on ne l'attendait pas sur ce terrain, il fallait bien qu'il s'attende à être sanctionné par la divine providence qui s'est donc acharnée sur lui, sa garde-robe et ses lunettes. Moi qui en porte, je peux vous affirmer qu'il est particulièrement désagréable de voir des gouttes d'eau défiler devant vos yeux, limitant donc votre perception, et surtout d'être empêché d'y remédier. Le légitime bonheur qu'il aurait dû éprouver en a été gâché. C'est une certitude. Snif!

Sortons un peu des flaques d'eau. L'attitude du nouveau président n'accompagnant pas au moins jusqu'en bas du perron son prédécesseur, s'attachant dans son discours d'intronisation à l'éreinter, j'allais dire une dernière fois, ce qui serait une erreur car au moins jusqu'aux législatives et ensuite pour expliquer son impuissances il aura encore recours à l'antisarkozysme primaire, a été quasiment unanimement remarquée. Si on ajoute à cela qu'il ne devait guère y avoir que Debré et Accoyer, par obligation et es-fonctions, comme représentants de la droite à cette cérémonie républicaine, on se replonge aisément 31 ans en arrière où l'ambiance n'était guère au rassemblement mais à la chasse aux sorcières et au mépris le plus complet de l'opposition, lequel se manifestait pas ce genre de petite phrase "vous avez juridiquement tort parce que vous êtes minoritaires". Entre nous soit dit, ceci ne doit pas être pour déplaire à la droite même si aujourd'hui elle fait semblant de s'en offusquer en opposant les discours pseudo-rassembleurs du candidat socialiste à ses premiers pas dans ses chaussures présidentielles, mais néanmoins humides.
Mais disons que le premier acte de cette journée ne fut pas excellemment joué.

Passons donc aux autres actes.
Le nouveau président avait choisi d'honorer la mémoire de Jules Ferry pour son action déterminante pour l'instruction des enfants de France. Le choix fut critiqué par certains qui ne manquèrent pas de rappeler que Ferry était aussi connu pour son colonialisme s'appuyant sur l'inégalité des races, celle-ci conférant des droits à la nôtre mais aussi le devoir d'élever les autres jugées inférieures. Et bien évidemment Hollande tomba dans le panneau, distinguant celui qui fit tant pour l'école, en oubliant au passage que ses lois furent l'aboutissement d'un long processus qui traversa le 19 ème siècle et que ce qu'on lui doit surtout c'est d'avoir arraché l'enseignement des mains de l'église, ce qui n'est déjà pas mal, donc distinguant le ministre de l'instruction publique de celui qui commit, selon ses termes une faute politique morale. Bien évidemment tout cela est absurde, ne tenant compte ni du contexte politico-historique de l'époque, ni du fait qu'un individu ne peut être tronçonné, honoré et critiqué dans un même discours dans de telles circonstances. C'est un peu comme si un défenseur de la cause des animaux se mettait à honorer la mémoire d'Hitler parce qu'il aimait son chien tout en rappelant le caractère ignoble du personnage. Enfin en cela hollande montre une certaine filiation avec Chirac qui eut toujours le doigt sur la détente de la repentance, ce qui l'empêcha ou empêcha son premier ministre de l'époque, un certain de Villepin que ça ne gène pas par ailleurs de toucher des droits d'auteur sur les écrits qu'il a commis sur Napoléon, de célébrer le bicentenaire de la victoire d'Austerlitz, tandis que le Charles-de-Gaulle qui n'avait pas perdu d'hélice participait aux commémorations britanniques de Trafalgar, puisque quelques bienpensants ne manquèrent pas de rappeler l'attitude du Premier Consul vis-à-vis de l'esclavage.
Il choisit donc d'honorer Jules Ferry en s'en excusant. Ce qui me parait typique du personnage.

Il choisit d'honorer également Marie Curie. Là pas grand-chose à dire sur un choix qui effectivement indique qu'un étranger peut très bien, non pas seulement s'intégrer, mais aussi s'assimiler en France, et conduire une carrière rearquable. Mais le discours tenu peut-être observé selon deux prismes. Celui de la richesse que peuvent nous apporter les étrangers et celui de ce que la France peut apporter à des étrangers pourvu qu'ils n'en acceptent pas seulement les bienfaits mais aussi les valeurs les plus profondes. Transposé à la situation actuelle on peut craindre la justification d'un certain laxisme fondé sur la fausse affirmation que l'immigration est une chance pour la France, ou espérer un renforcement des exigences vis-à-vis de nos hôtes qui souhaitent durablement s'installer en France, seule véritable possibilité pour eux de réussir. Je crains fort que ce soit le premier discours qui l'emporte.

Je passe sur la cérémonie organisée par Delanoë, sans intérêt particulier, pour en arriver à la nomination du nouveau premier ministre. La polémique sur l'ancienne condamnation de ce dernier qui donc aurait dû empêcher Hollande de le nommer, et non pas Ayrault d'accéder à ce poste, car il y a une nuance de taille, s'éteindra rapidement. On sait d'ailleurs qu'elle vient du camp même de Hollande et les derniers événements laissent deviner exactement d'où elle vient. Reste que la première décision du nouveau président de la République est critiquable, pas en tant que telle, mais eu égards à ces déclarations de candidat que personne ne l'a obligé a faire.
On ferait mieux de s'interroger sur la pertinence du choix. Il se trouve qu'à la tête de l'exécutif nous avons deux individus dénués de toute expérience ministérielle et internationale. Un député-maire peut sans doute faire un bon premier ministre, mais à 62 ans, ce qui veut dire qu'auparavant il n'a pas su se distinguer, c'est moins évident. Et en période de crise, ce n'est peut-être pas le choix le plus avisé. Ah, mais j'allais oublier. C'est vrai qu'il a un avantage concurrentiel de taille. C'est du moins comme cela qu'il a été vendu par certains. Il parle allemand! On économisera au moins les prestations d'un traducteur.

Et donc pour finir la journée, il y eut la rencontre avec Merkel. On ne parlera pas du retard de Hollande au rendez-vous fixé, ce qui est très mal vu en Allemagne. Zut, j'oubliais la foudre!
Cette rencontre qu'on nous a présentée comme un élément-clé n'aura bien évidemment rien amené. Hollande avait d'ailleurs déjà renoncé à la renégociation du nouveau traité européen. Il présentera certes comme une avancée le fait qu'on accepte de parler de croissance et même qu'à terme on écrive un truc là-dessus. Mais qui serait contre la croissance et donc d'y réfléchir? Le problème ce sont évidemment les objectifs et surtout les moyens de financer cette croissance. Et là évidemment les points de désaccord ne manqueront pas entre ceux qui ont décidé qu'il fallait inverser la vapeur du processus d'endettement et ceux qui seraient tenté d'y recourir encore une fois. Donc évidemment il n'ya pas eu de clash, mas Hollande le (candidat) matamore n'est pas près d'obtenir quelque chose de concret et surtout ne parviendra pas à renégocier ce fameux traité qu'il s'était engagé à faire modifier.

Finalement il faudra se rappeler de ce 15 mai 2012 comme d'une journée bien humide.

6 commentaires:

  1. la TNT nous a apporté peu de chose en télé sauf les infos en continu et les larges retransmissions des séances parlementaires, nous sommes donc nombre séniors ayant vécu et au fait par le menu de tous les rebondissements au sommet
    Ca ne sert qu'à nous occuper mais aussi à nous estomaquer sans cesse
    Rajouté au net plus rien ne nous échappe
    en info
    pour constater que tout part en échappées désordonnées et paradoxales

    depuis le début des primaires notre lauréat nous récite les cinq ans de saccage et sa recette miracle et ne nous en déplaise en porte estocade au mitan du protocolaire d'investiture et va dire à la statue de Jules qu'il va refaire l'école

    nos journaleux commencent à bafouiller et faire repentance , à se demander où ça va mener

    nulle part "ce mec est too much, ce mec est trop" et joue la montre grecque pour aider ses petits copains à renverse la vapeur en UE

    probabilité 1/2 pour que ça finisse vinaigre

    Coppé se marre, et lui il commence à me gonfler

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  2. Salut expat
    Allez, 2 ou 3 impressions en buvant mon caoua....
    Une journée humide en effet....
    Les paroles et les actes, quelle distortion chez ce nouveau locataire, oh putaing cong !!!
    Ça commence fort dis moi
    L'élégance à la française réincarnée ??? Ça a eu plus l'air d'une réunion ps qu'un passage de relais à la tête de l'état .... et il prétend être le leader de tous les français,il commence très très mal, à côté de ses pompes ce type, pas une surprise..... soif de revanche et mépris, leur marque de fabrique...
    Il a failli battre un record le père fransez comme on dirait en breton, finir en crevette bigeard dans le Rhin !!! Il serait pas cousin avec pierre richard des fois ???
    D'ailleurs concernant ayrault, les bretons attendent avec impatience sa visite, lui le méprisant et ses sbires ps des pays de la loire, on est comme les éléphants nous les bretons , la mémoire tenace.....
    Mais aussi des "penn kalet ",des têtes de lard....

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  3. Bonjour à tous deux,

    Je crois que si on n'a pas grand chose à perdre comme moi qu'on va se marrer.
    les effets de l'antisarko vont finir par s'estomper. On ne tient pas 5 ans là-dessus, même pas 6 mois. Il aurait dû le comprendre et pour sa première journée ne pas faire un discours où l'autre était toujours présent. Ce n'est pas parler d'avenir que de dire qu'on ne fera pas comme le précédent. Mais peut-être n'a-t-il pas grand chose à dire? En tout cas, la même journée et la première il prend une première décision contraire à ces promesses en désignant Ayrault. Je le répète, je m'en fous qu'il ait été condamné il y a 15 ans, mais une promesse est une promesse et un effacement automatique d'un casier judiciaire n'efface pas les faits. Et bien entendu, il confirme que ses propos de matamore de campagne n'étaient que du vent. Tout va vite retomber comme un soufflet d'autant plus que désormais il devra faire face à une opposition de poids. Celle d'Aubry qui par le biais du parlement où elle a pris bien garde à ce que ses affidés soient majoritaires parmi les élus PS, va lui glisser moult peaux de banane.L'opposition de droite lui paraitra comme inoffensive à côté, d'autant plus qu'un combat des chefs se prépare.
    Copé erreur de casting qui peut être corrigée s'il perd son siège de député, ce qui parait être une éventualité très plausible.

    Au fait je sais de quoi les Bretons peuvent être capables. j'habitais Rennes quand les pêcheurs ont manifesté (93 ou 94?) et ont fini par mettre le feu au parlement breton.

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  4. Oh merde, expat, taubira !!!!!
    Je vais être obligé de faire lorient compostelle sur les genoux
    Cata totale.... incroyable... bon on va se fâcher, le seul potable, valls, mais achtung !!! J'en connais 1 bon...

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  5. Là c'est du premier choix effectivement.
    Elle a au moins un avantage, c'est qu'elle économise 2 ministres car elle, c'est du 3 en 1, femme, noire et radicale de gauche. Mais ce n'est pas une puissance 3 au point de vue cerveau d'où une vraisemblable erreur de casting.
    Moi j'aime bien l'intitulé ministère du redressement productif. Après les législatives on aura peut-être la rééducation nationale.

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