"En ces temps difficiles, il convient d'accorder notre mépris avec parcimonie, tant nombreux sont les nécessiteux." Chateaubriand

samedi 14 novembre 2015

C'est la guerre! Oui et alors?





C'est en effet ainsi que ça se passe. Et que ça va continuer à se passer. Et donc cette guerre nous ne la gagnerons pas, à l'instar de celle qui se déroule actuellement dans le Sahel où nos forces sont engagées. Mais pas pour les mêmes raisons : si dans le Sahel, les moyens mis en œuvre ne sont pas suffisants, nous sommes en effet un peu seuls avec nos amis tchadiens et au passage on notera l'hypocrisie de nos amis et alliés occidentaux, vous savez ceux qui pleurent aujourd'hui avec nous, qui restent bien éloignés de ce conflit destiné à combattre l'islamisme, sur notre sol c'est notre faiblesse morale, nos compromissions, le refus de voir qui sont nos ennemis qui nous empêcheront de vaincre, car comment mener une guerre quand on ne veut pas nommer l'ennemi.

Je vis éloigné de la France, et même de façon de plus en plus éloignée quand je vois ce qui s'y passe, comment évolue ce pays, comment il poursuit son déclin avec la bénédiction de ses dirigeants et de ceux qui osent se prétendre l'élite, je ne parle pas bien sûr des pseudo-intellectuels dénoncés par notre si brillante ministre de l'éducation nationale. J'admire leur courage à ceux-là, insultés, fascisés, et même nazifiés à l'occasion. "Comment ça? Ils osent parler de frontières, de valeurs, de racines, et même et surtout d'incompatibilités! Ils raillent le vivre ensemble, tels que nous, les bienpensants, les gens du camp du bien, le concevons (au fait comment le concevons-nous?), ils ne croient ni au métissage, ni aux vertus de la diversité, alors que nous, ânes que nous sommes, incapables de comprendre l'antinomie, nous bénissons les deux en même temps. Et puis leurs doutes sur la religion de paix, d'amour et de tolérance, vous vous rendez compte, alors que nous savons, nous, très bien, que notre modèle de France inclusive est indépassable…".
Je vis donc éloigné de la France, pays où je suis né, mais pas tous mes ascendants, et qu'on m'a appris à aimer quand j'étais enfant, chez moi, à l'école, publique, je précise, tandis qu'on apprend désormais à le désaimer, ce vieux pays esclavagiste, colonialiste. Je me suis engagé à défendre mon pays quand j'ai atteint l'âge adulte, au prix de mon sang si nécessaire (il y a d'autres manières tout aussi honorables de le servir, mais aussi tellement de le desservir), et à l'époque on ne peut pas dire que c'était bien considéré, en tout cas curieusement moins que maintenant tandis que parfois le doute m'assaille sur le rapport entre l'état militaire et la défense de la France et de ses intérêts fondamentaux, sur le bien-fondé de faire des militaires des supplétifs des forces de l'ordre, j'insiste sur supplétifs au regard des pouvoirs qu'ils ont et notamment en matière d'ouverture du feu. On appellera ça l'illusion de la protection.
En fait le mot est dit : illusion. C'est le corollaire du mensonge dans lequel nous vivons depuis des décennies. L'illusion que notre monde allait se transformer, transformer les hommes, les rendre égaux, tout cela en feignent d'ignorer que si les hommes peuvent être égaux, doivent être égaux, ils ne seront jamais identiques. L'illusion qu'en dissolvant la France dans de vastes ensembles (l'Europe, et bientôt l'union des rives atlantiques via le TAFTA, l'OTAN), que donc en renonçant à nos racines, aux clés de la souveraineté, à la capacité de nous défendre, nous allions vivre mieux. L'illusion que l'abondance de biens de consommation, souvent parfaitement inutiles mais dont le besoin serait créé artificiellement, biens de consommation qui pourtant deviendraient de plus en plus inaccessibles, et donc on les ferait fabriquer ailleurs pour faire baisser les prix, éventuellement pas des gosses transformés en esclaves, allait uniformiser une partie de l'humanité, faut bien qu'une seconde partie œuvre pour procurer à la première ce dont elle n'a pas besoin, la faire rentrer dans une bienheureuse léthargie que viendraient partager avec bonheur ceux qui nous rejoindraient, échappés souvent de la seconde partie de l'humanité. Et puis comme ça ne marchait pas bien, on a dit à la première partie : "bande d'égoïstes, vous refusez de faire de la place aux autres, de leur faire partager votre bonheur. Y en a même qui osent prétendre que les valeurs anciennes, ringardes, moisies, rances (terminologie très en vogue dans les milieux de la gauche bienpensante) méritent d'être partagées et donc devenir celles de nos hôtes. Quelle horreur! Les leurs valent bien les vôtres. Vous refusez de vivre avec eux, les enfermant ainsi dans des ghettos, établissant ainsi un abject apartheid." Ce à quoi tentent de répondre les accusés sans qu'on les entende : "Mais m'sieur, mais m'dame. Nos parents sont venus là dans les années 60, 70. Ils en étaient heureux, c'était le progrès, les toilettes, la salle de bain, le tout-à-l'égout, les commerces, la ville et ses opportunités. Nous avons grandi là. Puis d'autres sont arrivés. Au début ils vivaient comme nous, ou faisaient l'effort d'essayer. Et puis d'autres encore sont venus. Et comme on leur a dit qu'ils pouvaient vivre comme chez eux, que leur dénier ce droit état du racisme, les chiens de garde veillaient, et bien on a dû partir, ailleurs, plus loin, parce que nous n'étions plus chez nous et que nous savions que nous ne le serions jamais plus." Ceci est évidement honteux, je parle de ces propos. Dire que des gens souhaitent vivre entre eux et selon des règles différentes de celles supposées être celles de notre pays, ça vous amène devant les tribunaux avec des procureurs qui réclament des amendes de 10000€. Ça en calme plus d'un. La liberté d'expression, l'énoncé de simplement ce qu'on voit et que tout le monde sait est un luxe que seuls les riches peuvent s'offrir. Du coup les autres votent "mal" ou ne votent plus, tout simplement.

Alors, vous me direz, quel rapport avec les attentats terroristes? Eh bien, tout, enfin presque tout, on verra ça plus loin.
Les attentats de ce funeste vendredi 13 novembre, on peut être une ordure de la pire espèce mais néanmoins facétieux, auront appris au moins une chose aux Français. Que nul ne peut prétendre y échapper. Au début des années 80, quand le sida fit son apparition on pensait que c'était réservé aux "pédés et aux toxicos" (on osait encore parler comme ça à l'époque) et puis ensuite on a appris que le fléau pouvait toucher tout le monde. Les attentats c'est pareil. Jusqu'à une époque très récente, on pouvait penser que c'était réservé aux blasphémateurs et aux Juifs. Les premiers selon certains l'avaient bien cherché, quant aux seconds ils n'avaient qu'à pas être juifs et donc être proches, forcément, de cet Etat hors la loi qui martyrise les pauvres Palestiniens. Mais hier, pas de bol, ils ont tiré tous azimuts et même si les propriétaires du bataclan sont juifs, tous les amateurs de heavy metal ne le sont pas. Peut-être même qu'il y avait des musulmans dans la salle, certainement même, mais forcément des mauvais (selon les terroristes si pieux) puisqu'ils écoutaient cette musique et même de la musique tout court. N'y a-t-il pas un imam, à Brest si ma mémoire est bonne, qui expliquait doctement à des enfants il y a peu, qu'un bon musulman n'écoutait pas de la musique, œuvre du diable. Aucun procureur pourtant pour réclamer une amende de 10000€, aucun ministre de l'intérieur pour le mettre dehors.
Donc maintenant que chacun sait qu'il peut devenir une cible, peut-être va-t-on commencer à réfléchir. Peut-être va-t-on commencer à se demander sérieusement pourquoi des Français, du moins des titulaires d'un passeport français (parait qu'il y avait un terroriste sur lequel on a retrouvé un passeport syrien : sans doute une des malheureuses victimes de Assad qui a trouvé asile chez nous) font des cartons sur leurs compatriotes. Et puis peut-être qu'en réfléchissant bien, qu'en dépassant les slogans qui ne sauraient tarder du "padamalgam", destinés à réprimer toutes les mauvaises pensées qui pourraient surgir d'un cerveau sans doute reptilien à ce stade, mais surtout imprégné d'une culture millénaire et évidemment nauséabonde, on se dira que, malgré un passeport identique, ce ne sont pas des compatriotes. Que les papiers d'identité, mot horrible, ne fondent justement pas une identité qui pourrait être partagée, mais sont juste le résultat de règles administratives prenant acte que des individus sont nés sur le même territoire, ont un parent ayant aussi des papiers français, etc. Qu'il n'y a pas une France, mais plusieurs, en tout cas au moins deux, qui vivent parallèlement. Certes il y a une masse énorme qui vit à cheval sur les deux, dans l'une le jour quand elle travaille, dans l'autre quand elle rentre chez elle, qui tente parfois de s'échapper de la seconde, cela expliquant les forts mouvements de population dans les banlieues, ou qui se rangera derrière le vainqueur, soumise. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Il existe  dans la seconde France en effet des irréductibles imperméables aux règles de la première que celle-ci a renoncé à leur appliquer, et qui ont pour objectif final de soumettre cette dernière à laquelle ils ont déclaré la guerre.
Car parler de guerre est bien, mais caractériser celle-ci est encore mieux. En effet cette guerre est aussi intérieure, opposant des Français, même s'ils ne sont que Français de papiers, même si elle puise ses sources dans une idéologie universaliste dont le centre est ailleurs, mais aussi dans les têtes. Cette guerre est totale, armée, économique, morale, idéologique. Et la force du nombre qui caractérise la première France risque de ne pas suffire à lui garantir la victoire dès lors qu'elle continuera à mettre à disposition de la seconde des moyens économiques, fermant les yeux sur la situation réelle, et à faire preuve d'une si grande faiblesse morale. La première France est si avachie, tellement peu sûre d'elle-même, on lui a tellement expliqué et dès l'école qu'elle était le résidu des pires choses que la terre ait portées, tellement prête à toutes les compromissions et si mal dirigée depuis longtemps qu'elle risque de se voir submergée. La démographie, l'immigration, les délires de l'inclusion précipiteront sa défaite.

Plus haut je disais que ce n'était pas tout. Même si finalement tout est lié. Je parlais effectivement d'une idéologie universaliste, plutôt conquérante d'ailleurs, dont la source est éloignée géographiquement (mais aussi dans le temps puisqu'elle se présente comme à ses origines). Mais là-aussi il est de bon ton de fermer les yeux sur cette réalité, de préférer des intérêts économiques à des intérêts sécuritaires. Vendre quelques avions, quelques armes, attirer des fonds, aller jusqu'à permettre le financement de projets dans les banlieues sans vraiment rien contrôler, vaut bien quelques compromissions, n'est-ce pas? Suivre une politique étrangère dictée de l'extérieur est par ailleurs devenue la règle. Et dans tout ça les vrais intérêts de la France, où se trouvent-t-il? Où se trouvent-ils quand les financiers de l'islamisme conquérant sont considérés comme des alliés, comme des partenaires honorables? Où se trouvent-ils quand un allié pilonne avec notre consentement ceux (les Kurdes en l'occurrence) qui se battent contre le même ennemi que nous, celui qu'on désigne, en oubliant les autres, les modérés, peut-on le dire sans rire ou pleurer, qui seront aussi nos amis dans le futur, espère-t-on? Où se trouvent-ils quand on est aveugle à ce point? Bien que je doute qu'il s'agisse là d'aveuglement. Il s'agit pour moi de fautes devant l'histoire très conscientes. Il s'agit d'une mise en danger consentie de ce que nous sommes.

Alors maintenant on peut pleurer, parler d'horreur, de crimes, de guerre. On peut décréter un deuil national. On peut confiner les Français chez eux. On peut aussi donner des coups de menton, ils ne vont pas tarder, accompagnés d'un discours belliqueux bien huilé et peut-être suivis de projets de lois liberticides pour les Français, tous les Français. On peut organiser une marche à laquelle on conviera le gratin de la planète pour montrer combien tout le monde nous aime et nous plaint. Mais tout ça n'est que du vent, de l'émotion vendue en barres par des communicants rompus à la chose. L'émotion devrait d'ailleurs être interdite aux dirigeants d'un pays. Ils ne sont pas là pour montrer leurs états d'âme, mais pour gouverner, et donc agir pour que ça ne se renouvelle pas. L'émotion ne remplacera jamais l'action et l'action n'est pas de s'émouvoir. Ni de constater. Ni de déplorer. Ni même de se contenter de rester dans une position défensive, en évitant certains attentats et en serrant les fesses pour que les autres ne se produisent pas. C'est offensif qu'il faut être, et pas seulement en paroles, mais en actes. Et pas une semaine ou un moins. C'est une guerre totale et permanente. Et pas en bombardant l'EI une fois par mois et en en faisant un titre de gloire.
Mais, voyez-vous, je n'espère rien. Plus rien.

PS : plus haut j'évoquais un terroriste possiblement titulaire d'un passeport syrien. C'est maintenant confirmé. Il s'agit d'un migrant entré par la Grèce. L'EI l'avait promis. Il a tenu parole. Combien d'autres parmi les dizaines de milliers entrés en Europe, vous savez les médecins et ingénieurs qui devaient assurer l'avenir de notre Europe qui se dépeuple de ses autochtones?

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